Souvenirs et témoignages

Au hasard de mes lectures, dans une numéro de la revue Autrement consacrée aux Paysans : mémoires vives 1900-2000, récits d'un monde disparu, je suis tombé sur un texte : La locomobile Merlin de Vierzon qui m'a fait me souvenir, qu'avant l'arrivée du premier Société Française Vierzon, la première batteuse de mon père était entraînée par une locomobile. Je n'ai plus souvenir de sa marque mais, pour l'une de nos batteuses, j'en suis sûr, c'était une Merlin. Pourquoi ce matin évoquer ce passé qui paraît si lointain ? Tout simplement pour, en quelques mots, évoquer les affres de mon père lorsqu'il lui fallut dans les années 60, se résoudre à investir dans une moissonneuse-batteuse de marque Class. Il sentait que tout un pan de notre monde paysan, avec cette nouvelle fracture mécanique, disparaissait. Les battages ne seraient plus ce rituel ordonné et immuable. Une fête collective ! On entrait dans le chacun pour soi " mon champ est prêt à battre ", l'urgence, la rapidité, l'insouciance du produit. Dans la symbolique aussi le blé perdait son pur statut nourricier, avec l'explosion des rendements il devenait de plus en plus fourrager, simple ingrédient pour les aliments composés pour le bétail, au même titre que les résidus de maïs importés des USA. Je dédie donc, ce texte, à mon père, Arsène Berthomeau, qui aimait tant ses battages que, plutôt que d'attendre chez le médecin, il est allé s'asseoir, un après-midi de foire de Mothe, en bout de champ, dans la cheintre, sur une botte de paille expulsée par sa grosse machine grise, pour se laisser glisser doucement sur le flanc et nous quitter avec son éternel sourire.

" Mes grands-parents avaient une locomobile probablement dès avant la "guerre de 14", raconte Alain Bordes. C'était des gens qui aimaient les machines, ils aimaient surtout la mécanique, ils en avaient le virus. Non seulement ils travaillaient leur ferme au Pesch, mais ils avaient monté dans le village une scierie, ils faisaient l'entreprise de battage et très rapidement mon père est devenu agent d'une marque de tracteurs et réparateur de machines agricoles. La locomobile, c'était une Merlin de Vierzon. Il n'y avait pas trente-six constructeurs en France à cette époque. La grande industrie du machinisme agricole était née dans une zone géographique où on avait besoin de machines en raison de l'immensité des surfaces cultivées. Les établissements Merlin, c'était quelque chose. Leurs voyageurs de commerce allaient partout. Mon père, quand j'étais gosse, me racontait qu'il avait souvent vu venir dans la maison le voyageur de Vierzon qui restait là deux ou trois jours pour conclure les affaires. Ces locomobiles à vapeur entraînaient les batteuses avec de très longues courroies. C'était des machines qu'il fallait chauffer comme une locomotive à vapeur. C'était très long. Une fois chaudes, il n'y avait plus qu'à entretenir le foyer et ça tournait parfaitement. Pour les battages, les gens s'entraidaient d'une ferme à une autre. Ils se rendaient à la ferme concernée lorsqu'ils entendaient le sifflet de la locomobile. En effet, lorsqu'elle avait atteint son point de chauffe normal et la bonne pression, le conducteur tirait le sifflet qui émettait un bruit de corne de locomotive à vapeur."

http://www.berthomeau.com/

 

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../... La fin du mois d'août marquait un temps fort de la vie du village: on allait battre et cela durerait environ deux semaines. Chacune à son tour, les fermes allaient recevoir le battoir, c'est comme cela que nous désignions aussi bien la circons­tance en elle-même que la machine.

Impressionnant était le convoi! Un fort tracteur vert (on les appelait les Vierzon, là où ils étaient construits), massif, « bas sur pattes », à l'évidence non destiné à travailler dans les champs mais dégageant une impressionnante puissance, tirait tout un ensemble de machines et de remorques, dont bien sûr l'imposante batteuse. Autre grande originalité du tracteur, il était doté d'une énorme poulie d'entraînement située sur un des côtés du moteur. C'est par elle que toute la machinerie du battoir allait être actionnée. Il y avait donc, juste derrière le tracteur, la batteuse elle-même, puis venait la presse avec ses deux grands bras et enfin une longue remorque dans laquelle se trouvaient outillage, cales et tout un jeu de gros tuyaux et coudes en tôle.

Tout ce train représentait une belle longueur et s'annonçait par tout un tintamarre.

Tous les hommes du pays qui le pouvaient s'étaient rendus libres pour faire le battoir. Il fallait beaucoup de bras pour cette entreprise car les choses devaient être menées rondement, afin que chaque récoltant puisse faire son battage durant la belle saison, là où l'on avait le plus de chance d'avoir du beau temps: après juin, le blé n'aime plus l'eau.

Ainsi commençait une période de gros et dur labeur et pourtant, c'est une ambiance de fête qui s'installait au pays. Chacun y allait de sa peine et de son effort mais c'était des sourires qui illuminaient malgré tout les visages et c'est la bonne humeur et les plaisanteries qui accompagnaient ces journées. Seules les vendanges, de ce point de vue, pouvaient se comparer au battoir.

L'installation s'étalait dans la grande cour de la ferme qui parfois n'y suffisait pas et il fallait empiéter sur la route où le tracteur s'installait alors. C'était le cas chez Jean Huot et Georges Breton. Chacun s'accommodait de cela et il ne serait venu à l'idée de personne de se plaindre d'être ainsi mis dans l'obligation de faire un détour. Le tracteur envoyait son immense courroie, véritable cordon ombilical, à la bat­teuse. Tout un jeu d'engrenages, de courroies et poulies secon­daires actionnaient différentes machineries qui donnaient le grain. Le mouvement était à partir de là, transmis par une autre courroie, à la presse, placée au bout de la batteuse. Ses grands bras, dans un fracas assourdissant, tassaient la paille très serrée pour en faire les ballots, tenus par deux fils de fer attachés mécaniquement. Enfin, du dessous de la batteuse, partaient les gros tuyaux d'un monstrueux aspirateur qui happait les balles (ce qui reste de l'épi lorsque les grains en ont été extraits) pour les expulser dans un grenier après un long parcours. Les balles serviraient plus tard à l'alimentation du bétail. On ne perdait rien ! .../...

 

de Jean-Guy Bègue

L'autre temps, regards d'un enfant sur son village de l'Yonne dans les années 50.

 

http://www.yonne-89.net/Le_battoir.htlm

 

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.../...  Les archives du Service des mines nous renseignent aussi sur l'origine du matériel utilisé. 22 % des chaudières fabriquées dans le Rhône sont le fait de constructeurs lyonnais (Debiaune, Daujat, Chevalier, Plissonnier, etc.) ou caladois (Vermorel, Bonnet, Parent, etc.).


       C'est néanmoins le département du Cher qui détient le palmarès : trois locomobiles sur cinq sont construites dans les ateliers de Vierzon, capitale française du machinisme agricole. Pour le reste, en dehors de la Nièvre qui regroupe quelques fabricants célèbres (Breloux, Pécard), le matériel utilisé provient essentiellement des départements de l'est : Isère, Loire, Ain, Saône-et-Loire, Jura, Haute-Saône, Côte-d'Or et Loiret. Faiblement représentés, les fabricants étrangers ne sont pourtant pas complètement boudés par les cultivateurs rhodaniens : 4 % des chaudières sortent des usines américaines (Clayton), anglaises (Marshall, Con, Couston, Johnsby) ou allemandes (Lanz), leaders mondiaux de l'industrie du machinisme agricole.


       J'avais pu m'apercevoir, lors d'une concentration de tracteurs anciens dans le haut Beaujolais, du lien qui unissait les cultivateurs d'une localité à une marque spécifique. La commune de Claveisolles semblait ainsi avoir privilégié le matériel Fiat-Agri alors que celle, voisine, de Chénelette s'enthousiasmait pour Ford. Bien sûr, le rôle de tel ou tel concessionnaire dynamique paraît ici évident. Il m'a paru néanmoins intéressant de savoir si une affinité particulière liait une marque de locomobile à une commune ou un canton. La problématique n'est pas sans faille ; mais elle mérite d'être approfondie.


       Dans le Rhône, le matériel Breloux est ignoré au nord du Bois-d'Oingt et son utilisation demeure étroitement circonscrite à l'arrondissement de Lyon, où se concentrent 70 % des chaudières du constructeur de la Nièvre.


       Les établissements vierzonnais Gérard et Merlin reçoivent aussi les faveurs des paysans du Lyonnais. Là encore, ces enseignes groupent respectivement 41 et 20 % du parc cantonal de Saint-Symphorien-sur-Coise. À l'opposé, les tsodires Brouhot semblent appréciées dans l'arrondissement de Villefranche, où elles représentent 52 % du parc départemental de la marque. Dans le canton de Lamure, une chaudière sur trois est une Brouhot. Le Beaujolais privilégie également les constructeurs locaux : les cinq chaudières du Caladois Vermorel crachent leur fumée dans l'arrondissement de Villefranche.

       Entorse à cette logique commerciale, la très célèbre Société française de matériel industriel et agricole de Vierzon qui reste présente dans seize des vingt-quatre cantons du département (Lyon et Villeurbanne compris).


       L'avancement de mes recherches ne me permet pas encore de tracer un portrait fidèle du batteux rhodanien. L'achat du matériel correspond souvent à une démarche collective, car il nécessite un investissement important. Dans son catalogue de 1863, la Société Del & Brouhot de Vierzon (Cher) propose une batteuse à grand travail et sa locomobile de cinq chevaux au prix respectif de 2 300 et 4 600 francs, soit un coût total d'environ 6 900 francs (les frais de transport sont de plus à la charge du client). Sur les 293 locomobiles déclarées, 34 sont acquises par deux propriétaires, sept le sont par trois, une par quatre, une par cinq et 43 par une association d'au moins deux personnes. Le fait que ne soit mentionné qu'un seul propriétaire pour les 207 chaudières restantes ne prouve pas pour autant qu'elles appartiennent exclusivement à celui-ci. Pétrus Large se déclare propriétaire d'une locomobile sur la commune d'Ouroux en 1906.../...

 

 

Renaud Gratier de Saint-Louis « Du fléau à la batteuse : battre le blé dans les campagnes lyonnaises (XIXe et XXe siècles) », Ruralia, 2000-06, [En ligne], mis en ligne le 25 janvier 2005. URL : http://ruralia.revues.org/document139.html. Consulté le 20 décembre 2009.

 

http://ruralia.revues.org/index.html

 

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Le blog de Rémy Beurion

 

Le blog officiel des vrais passionnés du tracteur Vierzon et du patrimoine agricole et industriel vierzonnais

 

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On peut rêver... Mais c'est le vrai logo de l'Office de tourisme de Vierzon. Quand il en sera à faire lapromo du tracteur Vierzon....

 

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Vite, un musée !

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Paru

 

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Hollande avait voté Vierzon !

Aux côtés de Jean Renoir, co-fondateur de l'association La mémoire industrielle et agricole du pays de Vierzon qui, après en avoir démissionné, a rejoint en tant que président d'honneur Les Fous du Vierzon, François Hollande avait voté pour Vierzon en 2010, du moins pour son tracteur réputé. Le candidat socialiste à la Présidentielle a ainsi posé près du tracteur Vierzon de Daniel Donin de Rosière, vice-président des Fous du Vierzon, devant l'Assemblée nationale, en mai 2010, lors d'une journée de promotion du patrimoine  agricole vierzonnais. Normal alors que les Vierzonnais aient ensuite voté François Hollande au second tour des primaires  (416 voix contre 311 à Martine Aubry). 

 

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Ca alors !

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La Française est le surnom donné à la Société Française de Vierzon qui a donné naissance au fameux tracteur Vierzon. C'est aussi une commune du Tarn-et-Garonne de 5.000 habitants.

Mieux vaut en rire

Lu sur le blog de la Mémoire industrielle à propos du changement de nom de son "festival de boules chaudes" en "concentration nationale de tracteurs semi-diesel", cette déclaration :


 "c'est vrai que cela pourrait prêter à confusion et échauffer aussi les esprits."


Et le nom Vierzon pour le tracteur, ça ne risque pas de porter préjudice à la ville  ?

Vierzon de A à Z est paru

 Vierzon de A à Z

vient de paraître


 aux éditions Alan Sutton,

128 pages, 16 euros

 

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A lire, l'interview de l'auteur  sur le site C4N


Avec T comme tracteurs, évidemment !

 

Mais aussi

 

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Les Fous du Vierzon, titre de l'ouvrage, réunit des passionnés de la France entière autour de dizaines et  de dizaines de photos d'archives et de photos contemporaines des tracteurs fabriqués à Vierzon, par la Société Française, entre le début des années 1930 et le début des années 1960. 201, 202, 302, 402, 551 etc..

288 pages (39 euros)  aux éditions Castor et Pollux.

 

L'Amicale des Fous du Vierzon

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Pour être adhérent aux Fous du Vierzon

ou correspondant de votre département

ou de votre région, c'est simple : il suffit

d'envoyer le montant de l'adhésion

(par chèque à l'ordre des Fous du Vierzon)

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18100 Vierzon.

Renseignements : 06.10.31.14.07;

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Adhérez et faites adhérer.

Le bulletin d'adhésion est à imprimer sur ce blog.

Merci et à très bientôt.

 

Un tracteur et Jacques Brel

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Pour voir l'hommage rendu à Jacques Brel avec un tracteur de Vierzon, le 302 de Daniel Donin de Rosière, cliquez sur la photo.

La vidéo du périple

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Pour voir la vidéo sur le site les gens du Morvan, cliquez sur la photo

En dessin

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Un jour, peut-être

On pourra peut-être lire ça, un jour, sous le nom de Vierzon....

 

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Où l'on parle des Vierzon

Les photos

 

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